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Mobilisation du 24 octobre : choses vues, choses entendues
information fournie par AFP 24/10/2026 à 21:43

Un manifestant devant le panneau de l'esplanade du Souvenir français à Orléans, tient une pancarte sur laquelle est inscrit "Aimez-vous", le 24 octobre 2026  ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Un manifestant devant le panneau de l'esplanade du Souvenir français à Orléans, tient une pancarte sur laquelle est inscrit "Aimez-vous", le 24 octobre 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Une Marianne en chair et en os, un saxophoniste, des messages aux policiers ...

Choses vues et entendues par les journalistes de l'AFP.

"On n'arrêtera pas"

A Toulouse, Martin Ramel Brossard, élève en terminale, assure que sa détermination est intacte : "Là, les syndicats voient que les lycéens, les étudiants sont prêts à se battre, qu'on a envie, que si jamais il faut faire des manifestations tous les jours pendant trois semaines d'affilée, bloquer des lycées à six heures et puis venir encore pendant nos vacances, on sera là".

Pour Ash, lycéenne de première qui a manifesté avec sa mère à Grenoble, "tant qu'il n'y a pas de mesures concrètes, on n'arrêtera pas de manifester".

"Merci aux lycéens d'avoir bousculé nos résignations", dit une pancarte à Toulouse.

Groupes d'ultra-droite

Vers 18H00 à Lyon, un petit groupe d'une douzaine de jeunes hommes, encagoulés ou visage caché, scandant des slogans de l'ultradroite comme "la rue, la France nous appartient", ont traversé la presqu'île. Echappant à des gendarmes qui essayaient de les rattraper, ils ont fait demi-tour face à des policiers, qui venaient vers eux, en criant "on est avec vous, on est avec vous !", avant de disparaître, a constaté l'AFP.

A Nice, des militants d'ultradroite, après avoir été un temps bloqués par les forces de l'ordre, sont parvenus au contact des manifestants en centre-ville, déclenchant à plusieurs reprises de violentes échauffourées. Onze d'entre eux ont été interpellés, selon la préfecture.

Terrasses à l'arrêt

Alors que la manifestation de Toulouse a rassemblé 26.500 manifestants selon la préfecture, 80.000 selon la CGT, les rues du centre-ville en marge du parcours sont restées inhabituellement vides.

La brasserie Les Arcades, sur la place du Capitole, a servi 36 couverts au déjeuner, contre 300 à 400 un samedi midi ordinaire, raconte un serveur à l'AFP.

Pour 42 euros de plus

"Moi je suis sortie dans la rue parce que je suis étudiante, j'ai 21 ans, moi je gagne 202 euros du Crous!", lance dans le cortège marseillais Ayla-Meije Castagna Stoloff, 21 ans, étudiante en arts plastiques à Aix-en-Provence.

"Ma mère est veuve avec trois enfants et elle a vraiment pas assez pour pouvoir nous payer les études et tout, mais comme elle a gagné 42 euros de plus que l'an dernier, ils m'ont baissé ma bourse de 400 euros à 200 euros", détaille la jeune femme.

L'étudiante, gilet jaune et drapeau bleu-blanc-rouge dans le dos, confie "vivre toujours dans le rouge tous les mois, de plus en plus". "Du coup là il va falloir que je me trouve un taf en plus".

Grilles, chaises, pavés

Après des manifestations dans le calme, malgré des interdictions de rassemblement décidées par de nombreuses préfectures, des heurts éclatent dans plusieurs villes entre de petits groupes et les forces de l'ordre.

A Bordeaux, sous la pluie battante, la police est visée par des tirs de mortier d'artifice et des jets de pavés tout juste descellés de la place de la Bourse par des personnes vêtues de noir. Arrachant plusieurs plaques de bois protégeant des devantures, il les érigent en barricade face aux policiers.

A Nantes, des manifestants lancent divers projectiles sur les forces de l'ordre, dressant par endroit des barrages à l'aide de grilles et de poubelles. Des chaises de café sont projetées sur le pare-brise de véhicules de police.

Bleus dans le viseur

Parmi les pancartes et les slogans des manifestants, nombreux sont ceux qui s'adressent aux forces de l'ordre.

"C'était ça votre rêve, devenir policier pour tabasser des gosses ?", peut-on lire à Paris.

"Posez vos armes, vous n'êtes pas du bon côté de l'histoire", intime à Bordeaux une pancarte peinte en bleu-blanc-rouge.

Dans la même ville, une manifestante a détourné l'omniprésente formule "ACAB" (tous les flics sont des bâtards) en "All cats are beautiful".

"J'étais enseignante et quand j'étais lycéenne, j'ai aussi manifesté. Et on n'avait aucune angoisse, aucune inquiétude de se faire taper ou de recevoir un projectile de la part de la police", regrette Agnès Cresta, retraitée de 64 ans qui manifeste à Marseille.

Un saxophoniste dans le brouillard

Image incongrue à Nice : devant un nuage de gaz lacrymogène, un jeune homme prend sa respiration et souffle dans son saxophone doré.

Dans la capitale de la Côte d'Azur où les manifestations étaient interdites samedi, près d'un millier de personnes ont tenté d'atteindre le centre-ville et ont été repoussées par la police. Un canon à eau a brièvement été utilisé pour disperser des groupes aux abords de la place Masséna, à proximité de la célèbre promenade des Anglais.

"Do-ré-mi-fa-sol-la-crymo"

Après une bonne heure de manifestation dans le calme à Lille, les premiers gaz lacrymogènes plongent une partie du cortège dans une brume opaque et irritante. Quelques projectiles volent en direction des forces de l'ordre.

Chacun se protège : simple foulard ou masque FFP2, lunettes de piscine ou masque de ski.

"Do-rémi-fa-sol-la-crymo", dit une pancarte. "Lacrymocratie", peut-on lire sur une autre.

Quatre salves partent en dix minutes : "On s'est fait gazer alors qu'on ne faisait rien", déplore Elline, 23 ans, larmes aux yeux. "Heureusement qu'on était plusieurs mais là je préfère reculer", dit l'étudiante, qui manifeste pour la première fois.

Marianne

Bonnet rouge, robe blanche sans manches, une Marianne fait son entrée dans la manifestation parisienne par l'avenue d'Italie, sur les épaules d'un jeune homme, en chantant la Marseillaise. Elle est accueillie par des "Marianne ! Marianne !"

Il s'agit d'une comédienne de 26 ans, Léa Berthelot, qui explique à l'AFP vouloir "défendre notre liberté de manifester". "On fait tout pour nous en dissuader, on nous prive des lieux importants, symboliques à Paris, pour pouvoir manifester".

Génération "nan nan"

À Strasbourg, des manifestantes ont repris comme slogans des textes de l'ex-rappeuse Diam's.

"Génération nan nan, c'est ma génération", explique une manifestante de 37 ans qui a couché sur sa pancarte des paroles de cette figure du rap français du début des années 2000. Son prénom : Marine.

"Les textes d'il y a 20 ans sont encore d'actualité", souffle Anaïs Baulinet, autre manifestante venue avec une pancarte dont le texte reprend un son de 2006 de Diam's.

11 commentaires

  • 09:33

    "En même temps"La triste réalité actuelle est la résultante de la volonté d'essayer de satisfaire l'ensemble des souhaits évoqués sans tenir compte du contexte économique. Toujours plus de social sans en avoir les moyens en sachant que les bénéficiaires sont loin d'être les gagnants de cette stratégie, il s'est développé une économie et des emplois qui prospèrent démesurément sur ce marché et n'ont donc aucun intérêt à ce que l'on coupe le robinet.


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